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Ce que nous a dejà appris le Covid

Ce que nous a dejà appris le Covid

Ca y est, nous y sommes, nous parlons enfin de déconfinement. Avec toutes les questions que cela implique bien évidemment. Devra-t-on porter des masques, se tester, trouver un vaccin et le généraliser avant de retrouver une vie totalement normale ? De nombreux avis sur ce sujet inondent les médias, alimentent les débats et font de chacun d’entre nous un expert du covid … dont l’opinion varie au grè des informations et des fake news que nous consultons.

Mais au fond, passée cette période de combat avec nous-mêmes dans notre espace bien délimité, de découverte de nouvelles habitudes familiales, et de moments de joie partagée à tenter de garder notre calme et le peu de sérénité que nous octroie la proximité, qu’aura-t-on appris de cette période ?

Sans doute et comme toujours, que nous conservons cette petite part d’égoïsme qui a poussé la nature humaine à faire rapidement des réserves sans se préoccuper de la disponibilité des produits alimentaires ou pharmaceutiques pour ses congénères.

Sans doute l’expérience de la privation de liberté dont on pensait que les contours ne pouvaient être que tracés par nos lois et à laquelle s’est invitée celle de la nature qui se rappelle à nous.

Pour ma part, je retiendrai qu’il y a encore un mois, nous nous prétendions invulnérables et en perpétuelle conquête de l’espace et du temps, et que nous avons été arrêtés dans notre élan par un virus dont nous ignorons encore aujourd’hui l’origine, et comment nous pourrions en acquérir la maitrise.

Bien évidemment, nous finirons par en trouver le traitement ou le vaccin. Bien évidemment, le monde sera à nouveau à nous et il se pliera à notre volonté. Tout ceci n’aura été qu’une parenthèse comme l’ont été les autres crises sanitaires, et nous pourrons raconter cette histoire dans un an ou deux comme en célébrant notre victoire.

Mais la question que nous devons nous poser à présent est de savoir si nous souhaitons tout recommencer exactement comme avant, et si nous avons si hâte de retrouver les mêmes habitudes aux mêmes horaires ? N’aura-t-on finalement retenu que notre vulnérabilité ? Que nous sommes bien invincibles et qu’au pire, nous ne pouvons qu’être qu’un peu ralentis ?

Devrait-on également voir cette crise comme celle de la mobilité ?


Jusqu’à ce jour de confinement, nous avons loué notre capacité à nous déplacer vite pour n’importe quelle raison. Seules quelques grèves auront remis en cause cette capacité. Les seuls arbitrages d’un déplacement étaient le temps qu’il nécessitait, son coût et la fatigue qu’il pouvait induire, mais très rarement son caractère impérieux.

Nous n’avons compté qu’en heures de train ou d’avion et prétexté que nous pouvons continuer à travailler dans les transports pour justifier d’un déplacement à l’autre bout du pays ou du monde, sans vraiment en faire le bilan. Combien de fois avons-nous mis en balance l’impact de nos habitudes de déplacement sur notre environnement ? Combien de fois avons-nous mesuré l’importance réelle de nous retrouver dans un même lieu pour travailler quand il suffisait de batir une tour et de développer les moyens de transport pour y parvenir ? C’est à ce titre que nous encombrons quotidiennement les métros, les routes, les trains, les bureaux, … sans même y réfléchir.

Nous n’en sommes pas forcément responsables, nous héritons de traditions d’une ère industrielle qui nous imposait de nous voir, au nom d’un contrôle de la présence et du besoin de partager le fameux « body language ». Pourtant, nous reconnaissions que nous disposions de tous les moyens digitaux pour « collaborer » de manière efficace, mais il a fallu qu’un virus nous impose de le faire pour que nous l’expérimentions à grande échelle.

Je ne suis pas en train de vous dire que la technologie est là et que je rêve d’un monde « contactless », mais simplement qu’il nous faut repenser ce que nous faisons et ne pas reproduire les réflexes d’une génération qui a eu la surprise de voir décoller le Concorde et se poser à NYC deux heures et cinquante-neuf minutes plus tard.

Je vous propose simplement de catégoriser nos déplacements en deux types : le déplacement « plaisir » et le déplacement « contraint ».

Je pense très sincèrement qu’il sera difficile, voire trop difficile, de repenser en quelques jours le déplacement « plaisir ». Notre nature est de découvrir, partir loin, faire l’expérience de, … et je pense que ces échanges sont bénéfiques s’ils partent de l'intention de le faire dans le respect de règles que nous connaissons tous.

Ce qui m’intéresse plus à ce stade, c’est le déplacement « contraint ». Ce déplacement peut être soit professionnel, soit lié à un acte d’achat de première nécessité, soit administratif, soit de maintenance de nos équipements, … soit lié à la gestion de services financiers ou patrimoniaux.

Ces déplacements m’intéressent aujourd’hui, car c’est sur ceux-ci que nous pouvons agir le plus, et sur ceux-ci que notre expérience du confinement nous a le plus appris.

A la lecture de cet article, vous être en droit de vous demander pourquoi je vous raconte tout ceci sur un blog dédié au crédit ? La raison est que pour autant que cela puisse paraître surprenant, les services financiers sont contributeurs des déplacements contraints sur lesquels nous pouvons agir.

Pour le justifier, je reprendrai simplement l’exemple très récent d’un client de MieuxFinancer.com qui souhaitait renégocier son crédit immobilier et qui a fait une expérience assez étonnante en 2020.

Après avoir été sur un site de comparaison de crédit immobilier, il a été mis en relation avec un cabinet de courtage spécialisé dans le domaine. Son « expérience utilisateur » était alors très bonne et le déplacement « contraint » sur cette opération était inexistant.

Durant son appel avec le cabinet de courtage, la collaboratrice lui a indiqué qu’il fallait qu’il signe un « mandat », en conformité avec les règles de l’ORIAS. Elle lui a alors indiqué qu’elle allait lui envoyer un mail, avec une pièce jointe, qu’il fallait que le client l’imprime puis la signe puis lui renvoie par courrier.

Bilan de l’opération, une impression et les déplacements pour se procurer soit une enveloppe, soit un timbre et enfin trouver une boîte aux lettres, ainsi que le déplacement d’une petite lettre qui devra circuler dans un centre de tri avant d’atteindre son destinataire. Tout ça pour … donner un accord d’intermédiation en courtage.

Ce client a alors demandé s’il n’existait pas d’alternatives plus « digitales », et on lui a répondu que non. S’il souhaitait renégocier son crédit, il devrait se soumettre à ce processus.

Le confinement est ensuite arrivé, et pour être honnête, je ne sais pas si ce client a signé son mandat pour une raison simple … il n’avait pas d’imprimante.

Une expérience utilisateur à repenser en profondeur


Quand on fait ce type d’expérience, on ne peut qu’espérer qu’à l’heure de la signature électronique, de l’identification par carte d’identité, de l’ouverture d’un compte bancaire en un clic, du paiement des impôts par internet, de la consultation médicale par visio, … ce courtier pourra proposer d’autres solutions.

Il est facile pour MieuxFinancer.com, éditeur de la solution In’Crediting, de tenir ce genre de discours qui fait la promotion de sa solution digitale, et de profiter d’une situation actuelle de distanciation sociale, pour se donner raison et inciter tous les courtiers à recourir à ses services.

Le futur que nous proposons n’est pourtant pas le tout digital en excluant tous ceux qui n’y ont pas accès, soit par crainte de son utilisation dans le domaine financier, soit par méconnaissance. Nous ne faisons pas la promotion du tout digital qui, pour la facilité de certains, exclurait les autres.

Ce que nous proposons aujourd’hui, c’est de faire la promotion d’alternatives qui puissent limiter les déplacements, limiter la perte de temps, limiter la consommation de papier, …

Nous avons aujourd’hui le devoir de repenser nos déplacements « contraints », mais également et surtout les déplacements auxquels nous contraignons les autres dans l’exercice de nos métiers.

Je suis convaincu que nous devons être ouverts à la rencontre, car elle est ancrée dans notre ADN et nous réalisons au moment où je vous parle à quel point elle nous manque. Je suis également convaincu que certaines rencontres sont totalement inutiles ou presque, et que nous n’y avons même pas réfléchi.

Cela peut paraître surprenant, mais certains recrutements se font actuellement uniquement en visio car nous n’en avons simplement pas le choix. Est ce que ces recrutements seront pour autant des mauvais recrutements ? Est ce qu’il y a quelque chose que nous n’avons pas remarqué en visio et qui est à ce point déceptif qu’il nous renvoie à de terribles regrets de ne pas avoir vu la personne physiquement ?

De manière aussi surprenante, on a appris à relever soi-même quelques mesures pour les transmettre ensuite à un médecin qui peut assurer un suivi médical et faire un premier diagnostique.

Il est probable que forts de cette expérience d’isolement physique, nous repensions totalement notre rapport au déplacement « contraint » pour ne le limiter qu’à ce qu’il a de plus nécessaire.

Si nous parvenions à suivre ce principe simple dans nos métiers, et que nous n’imposions pas à des personnes de venir en réunion pour qu’elles écoutent à peine les échanges pour se concentrer sur l’écriture d’e-mails, alors nous aurons peut-être la capacité de diminuer notre frénésie de transport.

Jusqu’à présent, nous ne pensions qu’à sens unique. Les politiques de transport des régions avaient pour point de départ le besoin d’usagers de se transporter d’un point A à un point B, sans remettre en cause l’utilité de ce déplacement. De fait les lignes de métro se prolongent, les routes se multiplient et une bonne conscience nous pousse au covoiturage … ou nous l’impose si le degré de particules fines est tel qu’il n’est pas raisonnable de laisser des enfants courir à la récréation. 

Il est peu probable que les autorités de transport arrivent à déceler quel déplacement est légitime, alors que tel autre pourrait être évité. L’Intelligence Artificielle pourra peut-être nous y aider un jour. En attendant, c’est à nous, Intelligence humaine, de faire les arbitrages. Ce jour-là, nous regarderons peut-être de la même manière celui qui ne respecte pas la distanciation sociale et celui qui demande à ses clients, fournisseurs, collaborateurs, de se déplacer sans avoir réfléchi à l’impact de sa demande, ou celui qui n’a rien à proposer pour faire les démarches les plus simple à distance.

Ce jour-là, nous aurons réduit les risques de propagation de simples virus comme la grippe, nous aurons réduit notre impact carbone et nous serons fiers de voyager car ces déplacements « réfléchis » seront absolument nécessaires et utiles pour tous.

Curieux de connaître vos réactions et analyses de la situation, n'hésitez pas à nous en faire part sur notre page Facebook ou sur Twitter, ou tout simplement en utilisant notre formulaire de contact.

Prenez le contrôle de votre crédit !

Pascal Antoni

Co-fondateur MieuxFinancer.com